Doc Gyneco Sainte-Maxime

Conclusion de l'HAS (Haute autorité de Santé)

Il n’a pas été identifié de données permettant de différencier les contraceptifs de 3ème génération de ceux de 1ère et 2ème génération en matière d’efficacité.

Risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral :

Une étude de cohorte suédoise n’a pas mis en évidence d’augmentation du risque d’infarctus du myocarde (ajusté sur l’aêge et les facteurs de risque cardiovasculaires) chez les femmes utilisant ou ayant utilisé des contraceptifs oraux, ni de variation du risque en fonction du type de contraception (génération du progestatif et dose d’estrogène).

Une analyse effectuée sur une cohorte danoise a étudié le risque de premier accident vasculaire cérébral ischémique et de premier infarctus du myocarde sous contraception hormonale. Le groupe de référence était constitué des femmes n’ayant jamais utilisé de contraception hormonale ou l’ayant arrêtée. Cette étude a conclu à une augmentation significative du risque d’accident vasculaire cérébral ischémique et d’infarctus de myocarde sous contraception orale, sans différence significative en fonction de la nature du progestatif. Il y avait une tendance significative à l’augmentation du risque d’infarctus du myocarde avec la dose d’éthinylestradiol. La tendance n’était pas significative pour les accidents vasculaires cérébraux ischémiques.

Risque thromboembolique veineux :

Concernant le gestodène et le désogestrel, une étude cas-témoins, deux études réalisées à quelques années d’intervalles sur la même cohorte et une revue systématique ont conclu à une augmentation significative du risque thromboembolique sous contraceptif oraux de 3ème génération contenant du gestodène ou du désogestrel par rapport aux contraceptifs oraux de 2ème génération contenant du lévonorgestrel. Dans l’étude cas-témoins et les deux analyses de cohorte, le risque n’était pas augmenté pour les contraceptifs oraux de 1ère génération contenant de la noréthistérone par rapport à ceux de 2ème génération contenant du lévonorgestrel.

Pour le gestodène, le risque était compris selon les études entre 1,3 [1,1 ; 1,6] et 2,1 [1,6 ; 2,8] par rapport au lévonorgestrel. Pour le désogestrel, le risque était compris selon les études entre 1,8 [1,5 ; 2,2] et 2,2 [1,7 ; 3] par rapport au lévonorgestrel. Seule une étude cas- témoins n’a pas mis en évidence de différence de risque thromboembolique entre les contraceptifs oraux contenant du gestodène et les contraceptifs oraux de 2ème génération. Concernant le norgestimate, une étude cas-témoins a conclu à une augmentation du risque thromboembolique, du même ordre que celle observée avec le gestodène et le désogestrel par rapport aux femmes non traitées. Deux études réalisées à quatre ans d’intervalle sur la même cohorte et une revue systématique n’ont pas montré d’augmentation significative du risque thromboembolique sous contraceptif oraux de 3ème génération contenant du norgestimate par rapport aux contraceptifs oraux de 2ème génération contenant du lévonorgestrel.

Dans une étude de cohorte, le risque diminuait avec la durée d’utilisation pour le lévonorgestrel et pour le norgestimate. Il ne diminuait pas avec la durée d’utilisation pour le désogestrel ni pour le gestodène.

La Commission de la transparence prend acte du fait que le poids de la preuve du surrisque du norgestimate est moindre que celui du gestodène et du désogestrel. Toutefois elle considère que les données disponibles ne permettent pas actuellement de différencier le norgestimate du gestodène et du désogestrel en termes de surrisque thromboembolique veineux. La Commission de la transparence sera donc à l’avenir attentive à toute nouvelle donnée scientifique concernant plus particulièrement le norgestimate.

Réévaluation des contraceptifs oraux de troisième génération

En conséquence, chez des femmes utilisant un contraceptif oral de 3ème génération, il n’y a pas lieu de procéder à un changement brutal de ce contraceptif. Ce changement est une décision à prendre à échéance de la prescription en cours (3 à 6 mois), en accord avec le prescripteur.

CABINET GYNECOLOGIE OBSTETRIQUE STEIN & LAHAYE • août 2018
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